Namedrops #39
La nouvelle marque du groupe Accor : Emblems du luxe discret ?
Le groupe Accor dévoile Emblems Collection, sa nouvelle (& 48ème) marque. Cette dernière s'inscrit dans l'hôtellerie de luxe avec une conviction bien à elle : cultiver un luxe intimiste plutôt qu’ostentatoire.
Exit le luxe trop tape-à-l'œil, la marque voulait incarner un luxe discret, authentique et gracieux, et ça se ressent dès le naming. Emblems, c'est bien plus qu'une simple enseigne : c'est un symbole fort, porteur de sens et de valeurs. Elle ne cherche pas à impressionner, mais à marquer durablement ceux qui franchissent ses portes en resituant le luxe dans ce qu'il a de plus essentiel — son âme véritable, sa capacité à créer des havres de tranquillité où le raffinement se vit dans la discrétion.
On note que le nom est au pluriel, une manière pour la marque de suggérer la diversité de ce que chaque établissement a à offrir & sans doute un esprit « collections ».
Avec Emblems, on range les strass et on sort le cachemire.
Quand les écoles décident de larguer leurs sigles
L'ENSG (École Nationale des Sciences Géographiques) c’est fini, maintenant on dit : Geodata Paris.
Chez NAMIBIE _ Naming & Branding, on trouve que ce rebranding est bien la preuve de la quête de sens dans laquelle s'inscrivent désormais les écoles. On oublie les sigles abscons & on opte pour des noms plus évocateurs et spontanés.
L'ambition de l'école est claire : il faut que les étudiants comprennent immédiatement son cœur de métier, la donnée appliquée au secteur géographique. Pour cela, il fallait laisser tomber l'acronyme qui nécessitait des explications. Geodata, c'est clair, littéral, ça dit ce qu'elle fait dès les premières syllabes.
Un rebranding qui traduit aussi la volonté de se démarquer dans un paysage éducatif de plus en plus saturé. L'identité de marque est plus forte, plus travaillée. Bref, plus unique.
Ce choix stratégique démontre bien les nouveaux enjeux du secteur : il faut un nom qui parle plutôt qu'un sigle qui brouille le message.
Plot twist : être un nouveau riche, c’est bien
Si on vous dit « nouveaux riches », vous pensez sûrement aux Tuches, à des SUV XXL garés devant des villas clinquantes, ou à l'accumulation compulsive d’objets inutiles.
Mais BlaBlaCar, Poppins, HomeExchange et autres start-ups de l’économie circulaire ont décidé de détourner le terme pour leur campagne anti-Black Friday « Les nouveaux riches ». Leur idée ? Transformer cette expression ringarde en manifeste moderne : les nouveaux riches, ce sont ceux qui consomment malin. On loue, on échange, on emprunte, on donne. Finalement, on possède moins mais on accède à bien plus.
Une campagne qui retourne un cliché péjoratif pour en faire un étendard. Parce qu'en 2025, la vraie richesse n'est plus dans l'accumulation, mais dans l'accès sans l'encombrement. Posséder 50 objets qu'on n'utilise jamais ou avoir accès à 500 qu'on partage ? Le choix est vite fait.
Un détournement linguistique qui redéfinit les codes : être riche, c'est désormais voyager léger. Littéralement.
Domino’s, ou l’art de jouer avec son nom
On vous l’a dit dans notre tendance graphique 2026 de la Réclame : le nom redevient l’héros de l’identité visuelle. Et Domino's nous prouve qu’on a raison.
La marque décide de jouer avec son propre nom en y intégrant un « mmm ». Parce que c’est l’onomatopée universelle de la gourmandise, celle qu'on fait instinctivement quand on croque dans une pizza encore chaude. Et là, elle devient partie intégrante de son identité de marque.
Un triple « m » qui permet que le sonore et le visuel se répondent, se complètent & créent une cohérence totale. Ici, le nom devient l’ingrédient principal du branding & permet de dire exactement ce que la marque promet : du plaisir, de la gourmandise & cette petite satisfaction qu'on entend rien qu’en le regardant.
La petite encyclopédie du naming sur le secteur alimentaire
Namibie est passée faire un tour au #FIE2025. Entre deux stands & innovations produits, on a pris le temps d’observer comment les acteurs du secteur choisissent de nommer leurs marques. Et le constat est sans appel : plusieurs patterns se répètent.
Sans parler de naturalité, de bio, de green & de l’organique qui restent les territoires d’évocation majeurs sur le secteur, on a relevé 5 autres pratiques naming répandues.
Bien qu’historique, l'acronyme règne toujours en maître : ADM, AAK, IMCD... Les géants du secteur cultivent une identité industrielle. Ces sigles traduisent une approche B2B assumée, priorisant l’expertise à l’émotionnel.
La caution du latin : Beneo, Novonesis, Nessentis, Primalis... Le latin permet de donner cette touche scientifique & universelle. Une manière de suggérer le sérieux, l'héritage, la maîtrise. On est plus qu’une matière première banale, on est innovants & uniques.
L’importance du renouveau : Nexira, Advenza, Reborn, Avril, Revyve... l’innovation est le facteur de succès clé sur ce secteur. Parce que l’industrie alimentaire se réinvente continuellement, les marques se doivent d’incarner la transformation & la régénération. Bref, c’est le futur en somme.
Le territoire de l'expertise : Agrigum, Lab4, AgriLab, Eurial, Syensco... Ici, on parle technique. Les évocations principales sont celles du laboratoire, de la science. Le message est clair : ces marques maîtrisent la technologie alimentaire.
Et bien sûr… la littéralité assumée : Global Organics, Aromatica, BioTech Foods, Circular Food Co, FoodFarm, Fruisec, Lactalis... Beaucoup de marques optent pour le descriptif, parfois avec un léger twist, parfois sans. Pas de mystère, pas d'ambiguïté.
En bref, dans l’industrie des ingrédients alimentaires, le naming joue la carte de la clarté plutôt que celle de la différenciation. On informe davantage qu’on ne séduit.



